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Qu’est-ce que le Forrest Yoga (épisode 2) ?

Qu'est ce que le Forrest Yoga ? Episode 2

Le Forrest Yoga est un yoga intense

Je voudrais parler de l’intensité de la pratique en Forrest Yoga. Quand on voit les postures d’équilibre du Forrest Yoga, on se demande si cela va vraiment me convenir ? N’est-ce pas trop physique ? Intense ? trop dur ? alors que justement je dois instaurer plus de douceur vis à vis de moi même. N’y a t-il pas un hiatus entre ce qui est proposé : prendre soin de soi, l’intensité de la pratique voire même avec la personne de Ana Forrest ? Je ne connais pas Ana Forrest. Enfin pas encore ! Je vais avoir l’immense plaisir de la rencontrer en octobre prochain, lors de sa venue en France ! Mes professeurs ont été Jambo Truong et Charlie Speller, tous deux Gardiens de Forrest Yoga, c’est à dire désignés par Ana Forrest pour former d’autres professeurs de Forrest Yoga, participer à sa diffusion dans le monde entier et assurer sa pérennité lorsque Ana Forrest arrêtera d’enseigner. 

Ana Forrest peut paraître distante sur les photos, voire assez dure. La pratique qu’elle a élaborée est intense, peut être éprouvante. Il n’en est rien. Si vous regardez la photo qui illustre cet article et le précédent (et j’ai fait exprès), je la trouve très belle, très douce. Son regard est chaud et humain. J’ai suivi des cours en ligne avec elle et elle parle doucement, avec humour parfois (elle se marre toute seule sur une ou deux choses qu’elle dit) et personnellement je trouve cela très touchant. Vous allez peut être me dire le contraire : ouvrez juste un instant votre cœur quand vous regardez sa photo ou lisez son livre. Moi j’y sens un grand amour.

Pendant ma formation de Forrest Yoga, il y a eu de grands moments de doutes. Pas parce que je me sentais misérable avec mon niveau d’anglais ou mon accent si désespérément français, mais plutôt parce que parfois c’était trop dur alors que je RESSENTAIS l’envie de faire quelque chose de très très doux. Et quand je dis doux je ne pense pas au yin yoga (qui est une pratique, à mon sens, sous des dehors très simples, très intense pour les articulations notamment) ou au hatha yoga (moins rapides qu’un vinyasa). Non je pensais carrément à savasana et au yoga nidra.

Alors oui ! la pratique physique de Forrest Yoga est intense ! Et puis aussi tout ce qui va autour. la philosophie de vie qui s’en dégage au fur et à mesure que vous pénétrez vraiment dans l’esprit du Forrest Yoga. Cette intensité n’est pas destinée à casser le pratiquant, à faire sortir tout ce qui est enfouit ! L’objectif n’est pas de faire pleurer sur un tapis. L’objectif est de vous faire intégrer votre corps et vos émotions, de les comprendre, de faire face à vos peurs intimes et de les transformer en alliée. Il est fort probable que certaines postures représentent un challenge. Oui ! Mais cela doit devenir un jeu et non pas une difficulté, ce moment où vous bloquez. Cela devient l’instant où vous allez traquer vos peurs ! Et c’est cela que je trouve puissant dans le Forrest Yoga.

Se libérer de la souffrance : le Forrest Yoga, yoga thérapeutique

Je vous invite à vous procurer le livre d’Ana Forrest, Fierce Medicine. Ce livre contient est un excellent moyen de comprendre ce qu’est le Forrest Yoga. Une grande partie de cet ouvrage est bâtie sur le fait de se libérer de la douleur. La souffrance est une option. Ces deux phrases sont d’Ana Forrest elle-même. Mais rappelez-vous le pourquoi du yoga, le point de vue, darshana, du Samkhya. Qui peut vraiment dire qu’il est venu comme ça au yoga ? Sans besoin de mettre en place quelque chose qui fait du bien ? Nous sommes majoritairement entrainés sur ce chemin pour nous faire du bien. Rien que de partager me fait du bien. Rien que de me mettre sur mon tapis me fait du bien. Rien que de méditer ou chanter me fait du bien.

Ana Forrest dit une chose qui me plait. Elle est arrivée très jeune sur un tapis et elle doit à son premier professeur de l’avoir guidée sur un chemin salvateur et de lui avoir proposée une nouvelle façon d’être une femme. Pour cela, il faut d’abord reconnaître sa vulnérabilité. Elle dit avoir eu ce sentiment quand elle a eu son ventre exposée aux yeux de toutes. Mon ventre est, à la fois, cette partie sacrée qui a porté mes deux enfants et en même temps cette zone du corps disgracieuse qui me fait sentir moche à côté de toutes ces filles qui sont tellement minces. Et pourtant, très souvent, je passe ce cap pendant un cours et j’expose mon ventre. C’est une façon de ne plus éprouver de souffrance vis à vis de ce « défaut » comme le décrit la société médiatique surfaite ! En effet, Ana Forrest écrit que « chaque traumatisme doit être démêlé et soulagé, les cicatrices ouvertes, massées et brisées. Le corps peut devenir comme un arbre dont les racines se meurent; les racines doivent être séparés doucement. C’est le rôle thérapeutique du yoga ».

On tient longtemps les poses en Forrest. Et par exemple, les cuisses peuvent se mettre à chauffer ! Cela fait mal ! Il y a le bon mal et le mauvais mal. Le mauvais, c’est celui qui conduit à la blessure. Le bon, c’est juste quand des muscles qui n’ont pas l’habitude de travailler, se réveillent !

La formule du changement

Il faut distinguer 3 types de douleur : physique, émotionnelle et spirituelle. Pour y faire face, Ana Forrest met en place la Formule du changement. On le fait tous d’ailleurs … quand on prend nos résolutions. Il s’agit de :

  • reconnaitre qu’on entretient soi même nos mauvaises habitudes,
  • quand on en détecte une, respirer 10 fois
  • de ne pas se punir (c’est ce qu’il y a de pire : l’auto-flagellation !) on devient victime et pas acteur de son propre changement. Il faut au contraire reconnaitre son avancée. C’est comme voir le verre à moitié plein ou à moitié vide. Ou en ce moment avec le covid : soit vous estimez qu’on n’en finira jamais soit vous savez qu’il faut encore tenir un peu pour en être débarrassé
  • et puis faire un pas vers la guérison : cela signifie communiquer avec son corps, le sentir, l’écouter. Les asanas sont faites pour amener le mental vers un état sans perturbation. Mais, pour arriver à cet état, il faut que le corps aussi soit calme. Pour que cela dure, dure longtemps, le travail sur le corps est important (mais pas le plus important !)

La place de la cérémonie, espace sacré, dans le Forrest Yoga

Dans la prise en charge émotionnelle et spirituelle, une grande place est donnée à ce qu’on appelle la CEREMONIE. Dans un cours classique vous n’aurez pas de cérémonie. Il faut du temps. La cérémonie c’est quoi ?

C’est un beau moment de méditation. Cela peut être déconcertant au départ. Sauge, tambour, appel aux 4 directions des Indiens d’Amérique. On se demande ce que c’est. Il faut se laisser porter et écouter. A chaque fois, j’ai la sensation que la personne qui fait la cérémonie, me parle à moi et uniquement à moi. Cela peut être intense en émotion mais, justement, c’est le moment de traquer ses émotions, les accepter pour les remettre à leur juste place. C’est un moment de communion avec votre grand Esprit, votre Âme.

Si vous êtes engagés dans la voie du yoga, vous accordez certainement une importance à la connexion avec votre Âme, Atman (Brahman, Atman, Tu es Cela). Pour avancer, il faut parfois guérir son Ame.

La pratique d'asanas

Et puis, après la cérémonie qui plante l’intention de la pratique, tout le monde déroule son tapis pour la partie physique de la pratique. 

Le Forrest Yoga se pratique si possible dans une atmosphère chaude pour d’une part aider l’élastine des corps à se détendre mais aussi pour évacuer par la sudation les toxines et tout ce que l’on renferme en soi. Les cours sont construits selon un courbe ascendante et descendante : un échauffement très progressif, une accélération avec les « vignettes », un apex ( la posture summum, celle pour laquelle vous avez fait les postures précédentes) et d’abord une décélération puis la détente. Jusque là, rien de très différent avec les autres « styles ».

L'absence de tension dans le corps

Premier élément fondamental : l’absence de drsti, de regard posé sur les doigts par exemple. Parce que souvent, cela induit une torsion de la nuque, inutile, avec nos métiers de dingue où nous sommes la plupart du temps les yeux rivés sur un écran. Regardez vous, juste là maintenant, ou bien quand vous vous apprêtez à écrire quelque chose. les épaules tombent vers l’avant, la tête tire vers l’avant. Vous sentez les tensions dans le haut du dos et la nuque ? C’est de cela dont on parle. Quand les drsti ont été reportés dans les pratiques modernes de yoga, l’ordinateur n’existait pas. Bon vous me direz, oui mais cela permet une concentration infinie … Je répondrai : qu’est ce qui empêche de poser les yeux sur ce qu’il y a en face de vos yeux et de vous concentrer ? C’est surtout la concentration intérieure qui est importante …

Le travail des abdos

Deuxième élément : les abdominaux. Je vais être très franche. Certains pratiquants auront une sangle abdominale forte, bien dessinée, sans rien faire d’autre. Tant mieux. Maintenant si vous êtes profs, observez vos élèves. Quelle est la première cause de souffrance en France ? Le dos ? Pourquoi ? Notamment en partie parce qu’il n’y a plus d’abdos, ou peu, qu’ils ne travaillent pas en synergie ou que les abdos cosmétiques (leurs vrais noms) prennent le dessus sur les abdos profonds, ceux qui font la sangle abdominale. Alors, oui il y a des abdos. Et tout de suite on sent que c’est nécessaire. Et on le voit car les gens soufflent de plus en plus fort, voire gémissent, deviennent tout rouge ou abandonnent … Rien que du très normal. Alors il y a une série plus ou moins longue d’abdo accompagnée d’une très grande concentration sur la respiration et son optimisation. N\oubliez pas, les abdos sont des muscles et ont besoin d’oxygène !

Les vignettes : yoga thérapeutique et importance du souffle

Troisième élément : il y a pas mal de « guerriers », virabhadrasana (1 et 2). Les cuisses chauffent. On reste longtemps. 5 respirations au moins. Plus, selon l’intention ou si vous pratiquez seul selon ce que vous ressentez. Il y a peut être moins de postures en Forrest par contre il y a une infinité de variation dans une posture. Et c’est là un élément fondamental. On utilise les accessoires : sangle, briques, couverture, rouleau, le mur ! Le but n’est pas la posture. Le but c’est de sentir son corps, puis son cœur puis son âme (ou directement son âme, son Esprit) ! On n’adapte pas le corps aux postures, on adapte les postures au corps. Non seulement l’enseignant enseigne différents niveaux mais en plus, il peut proposer des variantes de la posture en fonction du corps de l’élève. Et puis après on peut seul choisir. Ce n’est pas fuir une posture c’est la modifier pour la sentir. Par exemple, un triangle contre le mur. Par exemple le guerrier en torsion (twisting warrior) : soit vous êtes en capacité physique d’être en torsion sur la jambe avant en guerrier 1, soit vous êtes en fente, soit vous déposez le genou arrière sur le sol. Et les bras sont sur la cuisse ou la main sur le sol, ou sur une brique ou très loin de la jambe sur une brique ! bref, c’est infini ! Mais c’est ce qui va compter c’est avant tout la RESPIRATION. De nombreuses indications verbales vont porter sur la RESPIRATION. Et j’apprécie personnellement plutôt que d’entendre comment arriver et être dans une posture parfaite où on va se focaliser sur le corps en oubliant l’importance du souffle.

Les équilibres

Quatrième élément, les équilibres. C’est là que la force / puissance  (STRENGTH, un des piliers du Forrest Yoga, cf les explications sur la page Forrest Yoga du blog) est importante. Et c’est peut être là que se niche l’intensité physique de cette pratique. Oui ! c’est dur, et je suis la première à le dire. Mais j’ajouterai immédiatement que c’est parce que j’ai peur. Dès que j’ai la tête à l’envers, la peur de tomber arrive et mon cerveau reptilien sort les aérofreins : impossible de faire passer sereinement le bassin au dessus du dos ! Alors oui ! forcément c’est intense. Mais c’est aussi un jeu. Un moment, on oublie qu’on fait du « yoga ». On joue, on défie ses instincts primaires. On joue avec ses parts d’ombre ! On parle avec compassion à son corps et son mental. On s’accepte. Tous les profs avec lesquels j’ai pratiqué (Amie, Jambo, Charlie, Sita) en vrai (physiquement parlant) sont extraordinaire d’ouverture, de essentiellement d’absence de jugement.

Et du coup j’ADORE ! Les répétitions, c’est comme japa, jusqu’à  ce qu’on apprivoise le corps et l’esprit. On se prépare, on s’observe, on écoute ce que nous dit notre corps : notamment s’il a des blessures. C’est un véritable baromètres de la santé du corps. Faire un équilibre, c’est le tavail de la justesse et de l’écoute. L’équilibre sera réussi quand on aura admis sa véritable capacité physique, sa météo émotionnelle. Cela devient un jeu, presque un sujet de plaisanterie. Et parce que c’est difficile, c’est aussi une façon de aire taire toutes ces récriminations qui nous montent à la tête !

Alors oui j’ai encore peur, mais j retrouve aussi une âme joueuse, celle d’une jeune enfant qui n’a peur de rien. Et j’adore voir mes élèves réussir pour la première fois : il y a cette émulation, cette adrénaline, ce grand plaisir et cette immense fierté. Et puis, c’est aussi un premier pas vers l’éveil. Car pour être éveillé, il faut d’abord être réveillé (phrase géniale de José Le Roy).

L'intention : guide spirituel de la pratique

Cinquième élément, à mon sens le plus important : l’intention. Loin l’idée que l’intention soit l’ouverture des hanches ! Non ! L’intention est spirituelle. Et là on s’éloigne des pratiques classiques. Je suis d’accord, cela n’a rien à voir avec la tradition indienne. Cela a tout à voir avec le cœur. Ce cœur qui nous anime et guide notre chemin. C’est avec le cœur qu’on parle, que l’on agit que l’on regarde l’autre. Alors oui, la pratique est intense car elle demande de se montrer réellement, honnêtement. Et notamment dans ses faiblesses. Et c’est presque cela que je préfère le plus. Etre dans cette communauté où on ne cache rien, où on apprend à laisser ses différentes peaux pour être vrai et aller ainsi dans le monde. Pas simple. Cela signifie se parler avec honnêteté, respirer avec son cour, par le cœur, se connecter avec Soi, avec les autres, avec la Nature. S’ouvrir, se laisser guider par son instinct, ne pas lutter, essayer, accepter. Que puis je faire pour moi ? Que puis je faire pour faire un pas de plus sur mon chemin ?

Ana Forrest propose diverses pistes dont celles des asanas, en exhortant les élèves à respirer avec ujjayi, à réaliser la respiration du lion en fente (vous savez cette respiration où vous expirez la bouche ouverte en tirant la langue, voire en louchant, pour tout faire sortir), et ouvrir son cour avec la posture du chameau, soutenue contre le mur.

Alors oui c’est une pratique intense parce qu’on rentre intensément en soi. Cela demande de l’amour et une très grande dose de compassion. Vous pouvez rapprocher cela de votre propre tradition, et je suis sûre que vous trouverez des éléments communs, avec des noms différents. Mais je vous incite aussi à découvrir et essayer le Forrest Yoga. Au moins pour voir !

 

Pour aller plus loin

Le livre d’Ana Forrest , Fierce Medicine

Le site internet www.forrestyoga.com

@forrestyoga

@josecalarco

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