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13 et 14 avril : Forrest Yoga avec Jambo à ne rater sous aucun prétexte !

ISVARA
Etude des yoga sutras : I-23 à I-27

YS I-23 ईश्वरप्रणिधानाद्वा : Isvara pranidhanad va – Ou par l’abandon de soi à Dieu 

YS I-24 क्लेशकर्मविपाकाशयैरपरामृष्ट पुरुषविशेष ईश्वरः klesa karma vipaka asayair aparamrstah purusa visesa isvarah – Isvara est un Purusa particulier qui n’est pas touché par les afflictions de la vie, les actions, et les résultats et les impressions produites par ces actions

YS I-25 तत्र निरतिशयं सर्वज्ञबीजम् : tatra niratisayam sarvajnabijam – Isvara est le germe insurpassé de toute connaissance 

YS I-26 पूर्वेषाम् अपि गुरु कालेनानवच्छेदात् : sa esah purvesam api guruh kalena anavacchedat – Isvara est le premier Guru, absolu et insurpassé, non conditionné par le temps 

YS I-27 तस्य वाचक प्रणव : tasya vacakah pranavah – il est représenté par la syllabe sacrée aum, pranava

Accéder à samadhi en s'abandonant à Isvara

Souvenez vous, le premier moyen pour arriver à samadhi c’est abhyasa vayragya : un engagement impliquant force et ténacité couplé au lâcher prise qui place l’engagement dans une espèce d’indépendance sans limite.

La seconde façon d’y accéder, c’est de s’abandonner à Isvara. Avec ce sutra, les théoriciens ont opposé le SAMKHYA athéiste au YOGA SUTRAS qui devenait ainsi théiste. Cependant, les explications divergent et la plupart convergent vers une explication différente. Le SAMKHYA est d’abord une approche philosophique tandis que les YOGA SUTRAS sont la recherche pratique du yoga. Il n’est pas question de religion dans les Yoga Sutra de Patanjali ni dans le yoga. Patanjali indique qu’Isvara repose en nous, qu’en fait il est nous. Il sous tend toutes choses et en même temps il est ces choses. Le contour de Isvara est décrit dans le sutra suivant puisque Isvara est un purusha qui n’est affecté par aucun des klesa : l’ignorance (avidya), l’égotisme (asmita), l’attachement (raga), l’aversion (dvesha), ou la peur de la mort (abhinivesa).

En outre, il n’est pas non plus affecté par le karma et les fruits du karma. Isvara, sans rien faire, fait tout et quand il fait tout, il ne fait rien.

S’abandonner à Isvara demande de rassembler son courage pour complètement relâcher la conscience contracté et embrasser ainsi une conscience plus globale. Sur ce chemin de l’abandon de soi on aspire à devenir comme Isvara plutôt que de prier un Dieu d’une religion. Dans les religions, Dieu s’est souvent fait à l’image de l’homme mais il n’est pas l’homme. Ce n’est pas le cas dans le yoga. Il s’agit plutôt de reconnaître ce qu’il y a de plus enfoui en nous, notre propre vérité. C’est admettre qu’il y a plus grand que son EGO. L’égo se rend.

Isvara est le premier des guru qui dispense son savoir. Il est omniscient, la semence de toute connaissance (niratisayam sarvajnabijam). Il est Hiranyagarbha (œuf d’or, matrice en or) est la source de tout être, il est Brahman cf La création du monde dans l’hindouisme, Brahman, Atman, Tu es Cela. Et on peut s’absorber en Isvara avec AUM.

Qui est Isvara ?

siva krisna isvara bhagavad gita

J’ai lu beaucoup d’interprétation de qui est ISVARA. Pour certains il est Dieu, celui de votre religion, ou il est votre dieu personnel, interne. Certains évoquent des concessions à l’époque de l’écriture des Yoga Sutras, où le théisme se fait plus prégnant. 

Pour moi ISVARA est ce qui est en moi. Mais pas le moi connu et habité. Il est derrière tout cela, cette conscience pure et absolue, le purusha visesa. Cette conscience dont on connaît une part lors des méditations et des yoga nidra. A mon sens difficilement lors des asanas ou du pranayama qui sont les moyens d’y parvenir.

Je dis « part » car je ne connais qu’une part de ma conscience pure, de la conscience pure. Ma conscience étant cette Conscience pure universelle. Et je ne pense pas l’avoir abordé entièrement. Je dirais que je l’ai entraperçue … et pour être honnête que brièvement.

Cette définition de Isvara m’arrange bien aussi. Elle a le mérite de ne pas venir perturber les croyances de chacun dans un pays où le respect des croyances et important. Mais aussi disons le parce que la montée de l’athéisme pourrait faire qu‘évoquer Dieu dans un cours de yoga pourrait rebuter, vous faire basculer dans la case prosélytisme voire pire secte.

Elle m’arrange, mais, c’est elle aussi qui me séduit le plus : me laissant la liberté de choisir, le choix de m’abandonner ou pas.

La question se pose de s’abandonner à Isvara dans le contexte sociétal actuel. Comment puis je m’abandonner quand j’exerce un travail rémunérateur exercé à 100 % qui n’a rien à voir avec le yoga ? Comment s’abandonner quand on a des enfants, qu’il faut faire les courses, le ménage, et tutti quanti ?

Peut-on complètement s'abandonner à Isvara ?

Peut on s’abandonner ? A-t-on au-delà de la volonté de le faire, les moyens de le faire ?

Je vais répondre brutalement NON. En tous les cas pas dans MA condition. Parce que les contingences matérielles sont là, toujours là quelque part ! Je ne peux pas prétendre m’abandonner à 100 %. En partie, oui, mais jamais à 100 %.

Et c’est aussi là que se dessine mon chemin : abandonner ses rets qui retiennent en arrière, avoir la clairvoyance et le courage de faire des choix et puis accepter. Accepter que puisque Isvara est en moi, je peux m’abandonner. Certes, peut être pas à 100 %, en tous les cas, pas encore (peut être ai je peur ? Peut être n’ai je pas encore ce courage? Ou peut être que je me pose bien trop de question et que j’y suis dan cet abandon et qu’il suffit d’arrêter de se poser des questions?).

Bien que Patanjali explique qu’il s’agisse d’un chemin plus direct, il n’en demeure pas moins difficile. J’aime beaucoup cet extrait découvert au cours de mes recherches. Selon Vimala Thakar,

« Tout le thème du yoga, c’est cette dynamique : maintenir l’union avec la source de la création, la source de votre être, son essence existentielle ».

Ishta devata

Je voudrais quand même faire part de ce qu’est devenue ma pratique avec ma plongée dans le bouddhisme. les voies sont impénétrables, n’est-ce pas ?

J’ai rencontré ma ishta devata, mon guru intérieur transfiguré dans une déité du panthéon bouddhiste. Cela veut dire quoi ? Il y a un certian nombre de valeur auxquelles je crois profondément, au risque de passer pour un bisounours.  Notamment la compassion et la paix universelle.  Aussi, par une attraction naturelle, je me suis tournée sans vraiment m’en rendre compte vers la mère de tous les Bouddhas, Cundi. Un jour, je lui consacrerai un article. 

Cet abandon à Ishta Devata s’est traduit par une sorte de proximité accrue. Cela a commencé par une formation sur la Compassion (formation continue en Forrest Yga). Au cours de cette formation, j’ai rencontré le mantra de Cundi, assez long, en langue sanskrite. Je n’ai pas su le chanter immédiatement. Mais après 2 jours, celui-ci a commencé à me hanter, c’est à dire que je me suis retrouvée à le sentir en moi. Je me réveillais le matin, c’était les premiers mots qui me venaient. je me couchais aussi. J’ai fait des rêves très puissants pendant cette formation, d’autant que c’était la pleine lune. Et quand vous saurez que Cundi est proche de Chandra … Elle a le teint couleur de lune.

J’ai alors entamé une sadana qui lu a été consacrée, tous les matins. Avec à certaines dates de logues psalmodies de récitation du mantra (une fois 3 h, je vous promets c’est étourdissant). Et avant de prendre de grandes décisions, je médite avec elle ou pour elle ou à côté d’elle…

Mais surtout c’est que sous l’aspect dévotionnel, je vois plutôt que qui je suis émerge.

cundi bodhisattva

Comment peut se manifester Isvara pranidhana dans la vie de tous les jours ?

Isvara sur le tapis de yoga

Sur le tapis, se rendre c’est peut être (mais il s’agit de mes propres réflexions) ne pas chercher à montrer quelque chose à l’extérieur. ne pas céder aux chants des sirènes des posts instagram de se contorsionner dans une posture si c’est pour se contorsionner. Car oui, une posture difficile peut aider à s’abandonner car la difficulté va progressivement dompter l’égo. Peut etre s’agit il aussi de déposer les armes : celui du stress qui nous comprime les mâchoires. Peut être aussi s’ouvrir encore plus à l’idée d’une transcendance immanente ?

Sortir de sa zone de confort et reconnaitre, admettre que nous en sommes sortis. Et si nous en sommes sortis, voir avec honnêteté pourquoi.

Je sais, ça pique. Parfois je me vois faire. Dès que je me vois, je sais qu’il y a peut être quelque chose du côté de l’égo à aller écouter. Pourquoi tout d’un coup le conseil d’une copine devient pour moi un jugement ou un reproche ?

A mon sens, Isvara doit nous permettre de plonger profondément en nous lors de notre pratique. Donc il peut être intéressant de savoir pourquoi on fait telle posture et de telle façon.

The Ishvara Temple in Arasikere 3
Temple Ishvara - Arasikere

Isvara au jour le jour

Cette plongée sur le tapis se traduit dans votre vie de tous les jours. pourquoi je dis cela comme cela ? Pourquoi je réagis ainsi ? Pourquoi est ce que je sens cela en moi ? Pourquoi ces mots là sortent de ma bouche.

Et quand tout devient calme … c’est là, c’est l’abandon. Souvent pour moi c’est l’équanimité, douceur, tranquillité, calme et sourire intérieurs.

Il s’agit d’un apprentissage personnel. La vie nous façonne, nous rend peut être plus sage. On discerne mieux aussi. On peut se détacher plus facilement. La dévotion sera la traduction de cette abandon. A vous d’en trouver les formes et envers qui. 

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